Qu'on m'explique pourquoi ces sentiments quand je m'endors, pourquoi chercher dans mon lit cette chaleur masculine, ce réconfort ou simplement cette sécurité. Rien de plus. Ni paroles, ni sexe, pas forcément de cadeaux ou de scénario bateau, pas d'amour version grand mot. Qu'on me disserte ma façon de partir en courant quand je vois des sentiments naître chez l'autre alors que fût un temps, j'y aurais sauté à pieds joints. Qu'on me raconte que c'est normal de fuir au moindre faux pas, au mot de travers dans un sms, alors que ça ne l'est pas. Qu'on me confirme que j'ai mal passé mon ¼dipe.
Et me dire que je suis attirée vers les hommes plus âgés de manière on ne peut plus banale. Dire Amen à mes envies de stabilité comme à mes sprints irresponsables.Me dire que vouloir une histoire sérieuse serai mentir. Commenter le fait que je réponde de manière agressive, que je me braque quand j'ai envie de leur tomber dans les bras alors que je me fais mielleuse quand ils ne m'intéressent pas. Disserter sur mes regards à l'affût du moindre signe auquel je réagirais dédaigneuse ou rougissante. Faire semblant de ne pas voir que j'aime me faire berner, ou plus simplement taire les critiques sur mes puérilités ou encore mes euphories passagères de regards en amphithéâtre ou de sourires dans un magasin.
Avouez moi que je ne sais pas ce que je cherche, que j'ai déjà vécu assez d'histoires cérébrales pour m'illusionner d'une romance clichée et prévisible. Montrez moi qu'en fait, plus ça va vite et plus ça marche avec moi, pourvu qu'on me passionne, pourvu que je ne sente pas qu'on m'entraîne et que je croie dominer la situation alors qu'il n'en est rien. Discutez mes gamineries de prince charmant. Expliquez- moi pourquoi j'aime qu'ils me regardent, même si c'est juste pour me foutre d'eux. Pourquoi dans chaque geste, dans chaque attitude, il y a une façon de vouloir attirer l'attention, il y a une heure devant un miroir, des heures passées dans les magasins de fringues , dans le seul but de ramasser des miettes de considération.
Savoir pourquoi, dès qu'ils ont un ballon de foot dans les mains, même insignifiants, je les laisse m'embrouiller. Pourquoi s'ils ont du style et rien d'autre j'y repense cinq minutes après les avoir croisés. Pourquoi mal rasés et de quatre ans mes aînés ils ont un pouvoir d'attraction encore plus impressionnant. Pourquoi je joue les ingénues devant les vieux et l'adulte devant les ados. Pourquoi j'ai viré blonde quitte à paraître écervelée. Pourquoi hors blog, je ne dis plus rien. Pourquoi je cherche à me convaincre qu'in vitro, j'étais une fille bien alors que je suis incapable de cesser de médire sur les gens.
Juste comprendre. Sans rien changer. Je veux que pourtant rien ne se déplace. Parce qu'indécise, c'est comme ça que je m'aime. Dans ces états, doigts sur le clavier, pensées égarées. A me dire que peut-être je croiserai untel dans la rue ou un autre dans un café. Puissance absolue. Me surprendre demain à chercher, comme chaque jour sans trop le dire, le regard de n°1 puis de n°2 jusqu'à l'infini même s'ils le veulent. Sans rien dire mais pourquoi pas rougir. Détourner le regard, les imaginer parfaits , puis, concrétiser leurs faiblesses quelques jours après. Partir en courant et recommencer...
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